Notice  bibliographique
La Tribu de Celtill




garin trousseboeuf

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La Lumière du Menhir

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Interview


Luctérios vit dans un "vieil oppidum" ? Exite-t-il toujours, comme le acmp d'Artus du premier volume ?

Tout à fait. Vetus Civitas s'appelle aujourd’hui Le Yaudet. L'oppidum domine à la fois la mer et la rivière du Léguer. On ne connaît pas le nom qu’on lui donnait au Ier siècle, mais il est possible que ce soit déjà Vetus Civitas (qui signifie “vieille ville”) car le site était habité depuis des centaines d’années, et même avant les Celtes - qui l’ont fortifié.
Par la suite, les Romains lui feront de nouvelles fortifications pendant la période troublée du IIIème siècle.


L’aqueduc de Nîmes dont nous parle la lettre de Tertius est bien celui qui passe sur le pont du Gard ?
C’est lui. Il est encore bien conservé, ce qui prouve que la construction romaine était solide.

Il existait déjà des livrets militaires ?
On en a retrouvé, car ils étaient en bronze, donc solides. Comme celui de Verus, ils indiquaient les extraits de loi auxquels ont se référait, le nom de l’empereur, le bénéficiaire (nom, pays d’origine, femme et enfants), l’endroit où le soldat avait servi, le privilège qui lui était accordé (souvent la citoyenneté romaine, ou le droit de se marier), le lieu d'affichage de l'original et la liste des sept citoyens témoins.

Sait-on quel goût il avait le garum ?
Il s’apparentait au nuoc-mam asiatique d’aujourd’hui, mais il était probablement beaucoup plus fort. On le fabriquait essentiellement avec des intestins et ses déchets de poisson, qu’on laissait macérer dans la saumure au soleil ou qu’on chauffait. Puis on filtrait le liquide.
On en a retrouvé de nombreuses amphores à Pompéi. Certains voudraient aujourd’hui le remettre à la mode.
Quant aux cuves à garum - fosses larges et profondes - on en voit des vestiges un peu partout sur les côtes (par exemple une quinzaine à Douarnenez). Elles étaient maçonnées au mortier romain, très solide.

Le seault gaulois (haspartum romain) fait penser à notre rugby...
C’est certainement son ancêtre. On l’appelait “soule” au Moyen-Age. Comme il n’y avait aucune règle, une partie se soldait souvent par des blessés, voire des morts, ce qui a ammené les rois à l’interdire à plusieurs reprises.

Ce que vous dites des druides est-il vrai ?
C’est dans les textes irlandais et gallois que j’ai puisé les histoires, les sortilèges (Briamon smethraige, Imbas Forosnai, le souffle druidique etc.) et les pouvoirs que je prête à Celtill. Je me suis surtout référée aux traductions du grand spécialiste des druides, Christian Guyonwarc’h. Merci à lui.

Leurs traditions était donc les mêmes qu'en Gaule ?
Nos druides allaient faire leur études là-bas. Les pratiques semblent identiques chez tous les peuples celtiques.

Vous faites allusion à Sencha, qu’on connaît déjà.
C’est vrai. La Tribu de Celtill est un prolongement du Défi des druides, roman dans lequel je racontais l’histoire de Sencha et l’arrivée des Romains de Jules César en Armorique.

Les Celtes fêtaient-ils déjà les morts le 1er novembre ?
Ce jour, nommé “Samain” était le jour des morts en Irlande, et le mot “Samonios” figure comme nom du mois de novembre dans le célèbre calendrier gaulois retrouvé à Coligny. On présume donc que la coutume était la même. Une porte s’ouvrait ce jour-là entre le monde des vivants et celui des morts, marquant le début de l’année.

Vous ne nous dites pas, finalement, pourquoi le grand héros Cuchulainn est mort à cause de ses interdits.
Ah !
Comme il revenait, gravement blessé, de la bataille, Cuchulainn vit trois sorcières borgnes de l’œil gauche, qui faisaient cuire un animal sur des broches de sorbier. Il comprit qu’elles étaient là pour le perdre. En effet, il ne pouvait pas passer devant un foyer sans s’arrêter, c’était un de ses interdits. Une vieille lui cria :
- Tu nous rends visite, Cuchulainn ?
Il pressa le pas, car un autre de ses interdits disait qu’il ne pouvait pas s’arrêter à un foyer sans en consommer la nourriture. Or, ce qui cuisait sur ce feu était un chien. Et son troisième interdit était de manger du chien. S’il s’arrêtait, il ne pouvait donc ni refuser de manger, ni manger. Il choisit de faire comme s’il n’avait rien vu, rien entendu.
La sorcière se mit aussitôt à gémir :
- C’est parce que notre feu est pauvre, que tu refuses de t’y asseoir. Si tu passais devant un riche foyer, tu lui ferais honneur. Celui qui ne supporte pas le petit n’est pas un grand homme.
Alors Cuchulainn dut s’arrêter. De la main gauche, la sorcière lui tendit un morceau du chien, et il ne put faire autrement que de le prendre. Aussitôt, sa main perdit de sa force, puis son bras, et tout son côté. Les ombres livides de la mort l'entourèrent, et il repartit en titubant.
Épuisé, il s’arrêta près d’un lac. Ses plaies s’étaient remises à saigner, tant et tant que l'eau du lac devint rouge. Et il vit qu’une loutre buvait cette eau mêlée de son sang. Il saisit un caillou, le lui lança et la tua net. Or la loutre s’appelle aussi “chien d’eau”, et une prophétie disait que le meurtre d’un chien, qui avait été son premier exploit, serait aussi le dernier. C’est ainsi que Cuchulainn mourut au bord du lac, par la faute de ses interdits.


En noyant les terres de tonton Julius, Celtill transforme carrément la physionomie des lieux !
Les côtes ont beaucoup changé au fil des siècles, et les modifications ont parfois été brutales et spectaculaires. Par exemple, il n’y a pas si longtemps (au XIXème siècle), le cordon de sable qui barrait la baie entre St Michel-en-Grève et St-Efflam a été emporté, modifiant totalement la baie et changeant le cours de deux rivières.
Aujourd’hui, la mer monte beaucoup plus haut qu’autrefois, jusqu’au pied du grand rocher. Au fil des siècles, elle a noyé une forêt et même - dit la légende - une grande ville.


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